Né à Vienne en Autriche, Carl Djerassi a fait ses études à Kenyon College (où il obtint ses diplômes de Bachelor et de Master avec mention) et à l’Université du Wisconsin, où il obtint son doctorat. Tout d’abord chercheur en chimie chez CIBA à Summit, New-Jersey, il rejoignit ensuite Syntex S.A à Mexico en 1949 et y exerça les fonctions de directeur adjoint de la recherche. En 1952, il fut nommé Professeur de Chimie à Wayne State University, puis, en 1959, à Stanford University, où il poursuivit sa carrière jusqu’en 2002 et dont il est aujourd’hui Professeur Emerite.

Parallèlement à ses fonctions universitaires, il exerça des responsabilités dans l’industrie, entre 1957 et 1972 chez Syntex, et devint Président de la Division Recherche de Syntex de 1968 à 1972. En 1968 il contribua à la création de Zoecon Corporation, dont l’activité est centrée sur le développement de nouvelles méthodes de contrôle des insectes, et en fut le PDG jusqu’en 1983. Il y poursuivit ses activités jusqu’en 1988 en tant que Président du Conseil d’Administration. Zoecon est aujourd’hui une filiale de Novartis Ltd.

 

Djerassi a publié plus de 1200 articles et 7 monographies sur la chimie des produits naturels

(stéroïdes, alcaloïdes, antibiotiques, lipides et terpenoïdes) et sur les applications des mesures physiques (notamment la dispersion rotatoire optique, le dichroisme circulaire magnétique et la spectrométrie de masse) et des techniques d’intelligence artificielle aux problèmes de chimie organique. Dans le domaine de la chimie médicale, il a participé aux premiers développements des contraceptifs oraux (Norethindrone), des antihistaminiques (Pyribenzamine) et des corticostéroïdes topiques (Synalar).

 

Pour la première synthèse d’un stéroïde contraceptif, Djerassi reçut la Médaille Nationale de la Science en 1973, le premier Prix Wolf en Chimie (1978) et fut cité au National Inventors Hall of Fame (Tableau d’Honneur des Inventeurs) en 1978.

Il a reçu la Médaille Nationale de la Technologie pour sa contribution au problème du contrôle des insectes (1991). La Société Américaine de Chimie lui a décerné plusieurs récompenses : le Prix de Chimie Pure (1958), la Médaille Baekeland (1959), le Prix Fritzsche (1960), le Prix de l’Invention Créative (1973), le Prix de Chimie des Problèmes Technologiques Contemporains (1983), la Médaille Priestley (1992), et la Médaille Willard Gibbs (1997).

Parmi ses autres distinctions, il faut citer l'Institut Américain de Chimie qui lui a conféré la Distinction pour Brevet de la Fondation Freedman (1970), la Distinction pour les Pionniers de la Chimie (1973), et la Médaille d'Or (2004). La Société de l'Industrie Chimique lui a décerné la Médaille Perkin (1975), et il a également obtenu la Distinction Bard en Science Médicale (1983) et le Prix Roussel (Paris 1988), Le Prix de la Découverte de l'Association de l'Industrie Pharmaceutique (1988), le Prix Gustave John Esselen pour les découvertes chimiques d'intérêt public (1989), le premier Prix de l'Académie des Sciences pour Application Industrielle d'une Découverte Scientifique (1990), la Médaille Nevada (1992), la Médaille d'Or Thomson de la Société pour la Spectrométrie de Masse (1994), le Prix de Médecine Prince Mahidol (Thailande, 1995), le Prix du Souverain (1996), le Prix William Procter pour Découverte Scientifique de la Société Sigma Xi (1998), la Croix d'Honneur Autrichienne pour les Sciences et les Arts (1999), la Médaille d'Or Othmer de la Fondation pour l'Héritage de la Chimie (2000), le Prix du Meilleur Auteur de la Société Allemande de Chimie (2001), la Médaille Erasmus de l'Académia Europaea (2003), le Sigillum Magnum de l'Université de Bologne (2003), la Grande Croix du Mérite Allemande (2003), la Médaille d'Or de l'Institut Américain de Chimie (2004), le Prix de Littérature Serono (Rome, 2005), et la Médaille Lichtenberg de l'Académie des Sciences de Göttingen.

Il est membre de l'Académie Nationale des Sciences Américaine, de l’Institut de Médecine , de L’Académie Américaine des Arts et des Sciences, de l'Académie Royale des Sciences Suédoise, de l'Académie Royale Suédoise des Sciences de l'Ingénierie, de l'Académie Allemande des Sciences Naturelles (Leopoldina), de l'Academia Europeae, et des Académies des Sciences du Mexique, de la Bulgarie et du Brésil.

La Société Royale de Chimie de Londres et l'Académie Américaine des Sciences Pharmaceutiques l'ont élu membre honoraire en 1968. Il est titulaire de vingt doctorats honoris causa : Université Nationale du Mexique (1953), Kenyon College (1958), Université Fédérale de Rio de Janeiro (1969), Worcester Polytechnic Institute (1972), Wayne State University (1974), Université Columbia (1975), Université d'Uppsala (1977), Coe College (1978), Université de Genève (1978), Université de Ghent (1985), Université du Manitoba (1985), Université Adelphi (1993), Université de Caroline du Sud (1995), Université du Wisconsin (1995), Institut Fédéral Suisse ETH (1995), Université du Conté de Maryland-Baltimore (1997), Académie des Sciences Bulgare (1998), Université d'Aberdeen (2000), Université Polytechnique de New-York (2001), Université de Cambridge (2005).

 

Depuis 1986, il a publié de nombreux poèmes et nouvelles dans des magazines littéraires ainsi qu’une collection de nouvelles , The Futurist and Other stories, 5 romans, LE DILEMME DE Cantor (Balland, 1992), The Bourbaki Gambit, Marx Deceased, Menachem’s Seed, et NO, 2 autobiographies, Steroids Made it Possible et Carl Djerassi : de la chimie des hormones à la pilule (Belin, 1995), un recueil de poésie, The Clock Runs Backward, une collection d’essais, From the Lab into the World, A Pill for People, Pets and Bugs , et des mémoires, This Man’s Pill, Reflections on the 50th Birthday of the Pill.

 

Depuis 1997, il se consacre à l’écriture de pièces de « théâtre scientifique ». La première, An Immaculate Misconception, fut jouée pour la première fois au festival off de théâtre d’Edimbourg puis à Londres (New End Theatre en 1999 et Bridewell Theatre en 2002), San-Francisco, New-York (Primary Stages), Vienne, Cologne, Munich, Berlin, Sundsvall, Stockholm, Sofia, Genève, Tokyo, Seoul, Los Angeles, Lisbonne, Singapour et Détroit. La pièce a été traduite en 11 langues et est également publiée en anglais, allemand, espagnol et suédois. Elle a été diffusée par le BBC World Service en 2000 en tant que « pièce de théâtre de la semaine » et par la radio allemande WDR , la radio suédoise en 2001, et la NPR aux Etats-Unis en 2004. Sa seconde pièce Oxygène, écrite en collaboration avec Roald Hoffmann, fut jouée pour la première fois en avril 2001 au San Diego Repertory Theatre, au Mainfranken theatre de Würzburg de septembre 2001 à avril 2002 (ainsi qu’à Munich, Leverkusen et Halle), au Studio Riverside à Londres en novembre 2001, et par la suite à Wellington, Nouvelle-Zélande, Pohang et Seoul (Corée), Tokyo, Toronto, Madison Wisconsin, Columbus Ohio, Ottawa, Bologne, Sofia, Glasgow, Porto et beaucoup d’autres villes en Allemagne et aux Etats-Unis. La BBC et la WDR ont diffusé la pièce en décembre 2001 à l’occasion du centenaire du Prix Nobel, qui est l’un des principaux thèmes de la pièce. La Pièce Oxygène est actuellement traduite en 10 langues. Sa troisième pièce, Calculus, qui traite de la fameuse querelle entre Newton et Leibniz est déjà parue en anglais, allemand et italien. Elle fut donnée pour la première fois à San Francisco (2003) et Londres (2004), puis à nouveau en 2005 à Dublin et Cambridge. Une version musicale de la pièce (composée par Werner Schulze), fut jouée à l’Opera de Zurich Studiobühne en mai 2005.

Sa première pièce non-scientifique, Ego, fut donnée en première au Festival off d’Edimbourg en 2003 et sous le titre « Three on a couch » à Londres en 2004. Une traduction de Ego en allemand fut diffusée par la WDR en 2004, suivie par une première en Autriche en 2005 et une tournée en Allemagne début 2006. La première de la pièce Phallacy dont le thème central est la science et l’art fut donnée en 2005 à Londres et comporte une version allemande pour la radio qui sera diffusée début 2006 par la WDR. Sa toute dernière pièce, Taboos, ouvrira à Londres en 2006.

Il a également écrit une série de « pièces pédagogiques » à usage scolaire destinées à remplacer des cours traditionnels. Le première, ICSI, la sexualité à l’ère de la reproduction mécanique est publiée en anglais, allemand, chinois et italien et jouée dans des écoles aux Etats-Unis, en Allemagne, Autriche et Italie. La seconde pièce « NO », écrite avec Pierre Laszlo a été publiée en 2003 en anglais, allemand et français.

 

Carl Djerassi est également le fondateur du Programme Djerassi d’Artistes en Résidence à Woodside, Californie, qui est un lieu d’accueil et de résidence pour artistes et qui reçoit environ 70 artistes par an dans les domaines de l’art, littérature, chorégraphie et musique. Plus de 1500 artistes ont déjà bénéficié de ce programme depuis sa création.

 

Le site internet de Carl Djerassi peut être consulté à l’adresse suivante : http://www.djerassi.com